Jordan Bardella face aux accusations d’antisémitisme

Jordan Bardella

Une polémique secoue actuellement le Rassemblement national. Jordan Bardella, président du parti, est accusé par le média d’investigation Mediapart d’avoir tenu, lorsqu’il était un jeune militant du Front national, des propos antisémites et complotistes dans des échanges privés. Le responsable politique conteste catégoriquement être l’auteur de ces messages et a engagé des procédures judiciaires contre le média.

L’affaire intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, alors que le Rassemblement national cherche depuis plusieurs années à mettre en avant sa rupture avec certains éléments de son passé.

Des messages datant de 2013

La polémique part d’une enquête de Mediapart publiée le 28 septembre 2026. Le média dit avoir retrouvé des conversations privées remontant pour l’essentiel à 2013. Jordan Bardella avait alors 17 ans et venait d’adhérer au Front national.

Dans ces échanges, selon Mediapart, figurent des propos qui reprennent des théories antisémites connues : le rôle prêté aux Juifs dans le système bancaire, leur influence supposée en politique. Le média cite une phrase attribuée au jeune militant : « les banques sont toutes détenues par des Juifs ».(Mediapart)

D’autres extraits publiés par Mediapart portent sur Israël, sur les Juifs et sur une prétendue domination mondiale. Le média y voit la trace d’un discours antisémite et complotiste.

L’enquête ne concerne donc pas des déclarations récentes de Jordan Bardella, mais des échanges qu’il aurait écrits à l’adolescence.

Jordan Bardella dément formellement

Jordan Bardella rejette totalement les accusations. Il affirme ne pas être l’auteur des messages qui lui sont attribués et dénonce des « faux grossiers ».

Le président du RN considère cette publication comme une opération destinée à le déstabiliser politiquement à l’approche de la présidentielle de 2027. Il a annoncé avoir engagé une procédure judiciaire contre Mediapart pour diffamation et a ensuite évoqué une plainte pour « faux et usage de faux ».

Sa défense repose donc principalement sur la contestation de l’authenticité et de l’attribution des conversations, et non sur la reconnaissance d’anciens propos qu’il aurait depuis abandonnés.

La réaction de Marine Le Pen

Marine Le Pen a apporté son soutien à Jordan Bardella sans attendre.

Elle rejette les accusations. Selon elle, les éléments publiés par Mediapart peuvent relever d’un faux. Le RN parle lui aussi d’une tentative de déstabilisation politique.

Les deux responsables avancent donc la même défense : contester l’authenticité des documents, et présenter l’affaire comme une offensive politique contre le parti.

Une polémique particulièrement sensible avant 2027

L’affaire tombe dans un moment politique chargé. Jordan Bardella dirige le Rassemblement national, et Marine Le Pen a annoncé son intention de le nommer Premier ministre s’il remporte la présidentielle de 2027.

Les accusations d’antisémitisme atteignent donc de plein fouet l’image du parti, qui cherche justement à faire oublier certaines controverses héritées du Front national.

Sur le fond, les deux camps campe sur des positions opposées. Mediapart dit détenir des documents authentifiés, attribués à Bardella du temps où il était adolescent. Lui nie avoir écrit ces propos, conteste leur authenticité et a saisi la justice.

L’affaire devrait donc continuer à alimenter les rubriques médiatiques et judiciaires dans les mois qui viennent.

Axellr Axelle Duverne

Journaliste

L’Aurore Matin

Journal

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